Seule ombre au tableau, Ludmilla ne peut pas encore dire si elle rentrera un jour en Ukraine. Après les deux visites qu’elle a effectuées dans son pays l’an dernier, les auspices sont peu favorables. « Ce fut très triste : de nombreux bâtiments sont détruits, certains de mes amis sont morts... Pour le moment, je n’ai aucune perspective », nous confie-t-elle, l’air soucieux. C’est pourquoi elle est reconnaissante à la Suisse de permettre à sa mère de la rejoindre bientôt. Pour Ludmilla, faire venir sa maman, c’est comme ramener un petit morceau d’Ukraine. En plus, la jeune femme aura ainsi quelqu’un pour l’aider à s’occuper de son fils, qui reste la plupart du temps seul à la maison pendant que sa mère travaille.
Le chef de Ludmilla va prochainement augmenter de 5 point le taux d’occupation de son employée, qui est actuellement de 40 %. « Pour nous, l’esprit civique n’est pas un vain mot. Nous tâchons de satisfaire les souhaits de notre personnel dans la mesure du possible. Chez nous, tout le monde a un contrat de travail, même les gens engagés à 10 %, et nous n’employons personne à l’heure », ajoute Simon Burkhalter. Le gérant en profite pour nous confier que les personnes issues d’autres cultures constituent une richesse pour l’entreprise à tous les points de vue. Ce n’est donc pas un hasard si, parmi la trentaine d’employés que comptent ses trois restaurants, sept sont issus de l’immigration.